Mardi 11 septembre 2007


La passion selon Juette de Clara Dupont-Monod, Grasset

Huy, petite ville belge, douzième siècle. Juette, 1" ans, est intélligente et imaginaire mais ses parents lui refusent la culture. Son père la marie, sa mère lui interdit de (se)poser des questions car prier, obéir et coudre sont les seules activités nécessaires à une femme respectable qui veut gagner le paradis.
Juette ne voulait pas devenir adulte et son mariage est un traumatisme. A 18 ans, veuve, elle refuse tout en bloc: ses parents, son enfant, l'autorité de l'Eglise et des hommes.
Un roman à deux voix, traversé par des grandes figures du Moyen-Age. Le pouvoir, l'argent, le clergé et la femme comme avenir de l'homme.

Ce roman a reçu le prix Laurent Bonelli.
par librairie contact publié dans : Coups de coeur des Libraires
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Mardi 28 août 2007

 LA CAGE AUX LEZARDS , de Karen CONNELLY, éd Buchet-Chastel

 

Nous sommes en Birmanie, dans les années 90. Le pays vit (déjà) sous le joug des militaires. L’action se passe au cœur d’une prison : la « cage » où croupissent, le mot n’est pas trop fort, prisonniers de droit commun et prisonniers politiques. L’un d’eux, Teza, surnommé « le rossignol » a été condamné pour avoir écrit et chanté des chansons qui déplaisaient au régime en place. Alors qu’il est en cellule d’isolement, nous découvrons son quotidien : la faim, la solitude, la crasse (parler de saleté serait insuffisant), les brimades incessantes lorsqu’il est soumis aux caprices d’un gardien sadique, la cellule infestée d’insectes de toutes sortes, les coups, la méfiance permanente vis à vis de tous quand règne l’arbitraire le plus total, les autorités qui prennent plaisir à fabriquer des preuves pour prolonger la peine, alors que celle-ci se compte déjà en dizaine d’années…

Ce livre est un hommage à ces hommes et femmes qui, malgré tout, réussissent à garder leur dignité et à ne pas se faire écraser par la machine impitoyable imaginée par la dictature. Admirable figure charismatique de Teza, qui a la résistance chevillée au corps, une volonté de fer, une foi et une sagesse qui l’aident à tenir et forcent l’admiration des rares personnes sensibles qui l’entourent. Car, heureusement pour lui, dans cet univers étouffant, brillent parfois des lueurs d’humanité : un gardien plus compréhensif tourmenté par sa conscience, et surtout un enfant orphelin qui a fait de la prison sa maison, en qui il lui semble retrouver le lien qui l’attachait à son frère cadet.

Karen Connelly s’est appuyée sur des témoignages directs et une documentation sans faille, par respect pour ceux qui sont privés de leurs libertés fondamentales. Elle nous livre un roman captivant de bout en bout malgré un sujet austère .

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Lundi 27 août 2007
Je viens de terminer le dernier roman de Benoît Duteurtre, la cité heureuse. Généralement, je ne chronique pas un ouvrage que je n'ai pas apprécié mais celui-là me semble être un bon exemple de la production éditoriale actuelle. Ce roman est construit autour d'un postulat très intéressant. Un centre historique d'une grande capitale de la mitteleuropa(Budapest, Prague,etc.) est vendu par la municipalité à une multinationale spécialisée dans la gestion des parcs d'attractions. Bonne idée,non? Ajoutez à cela un narrateur, scénariste de series TV, gauchiste protestaire qui succombe aux sirènes de la Compagnie. Les ingrédients donnent envie mais le plat est indigeste. Duteurtre n'arrive pas a trouvé le rythme. Il ponctue son récit de trois scénarii du narrateur qui ressemble étrangement à des fonds de tirroirs. La cité heureuse est un roman paresseux qui ne semble avoir pour seule utilité l'occupation de cm2 sur les tables des librairies prenant ainsi la place d'autres romans, d'autres éditeurs. Sur les 727 nouveaux romans de cette rentrée, combien ont cette seule et unique ambition? Plus que vous ne le croyez!
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Vendredi 10 août 2007

L'intérêt d'une vitrine de noël en plein mois d'Août réside dans la réaction des passants et des clients. Je vais essayer d'établir une typologie:
- Ceux qui n'ont rien vu: généralement des clients fidèles qui viennent chercher une commande. Ils sont pressés et ne s'attardent pas à flâner sur les tables. Leur parfaite connaissance de l'établissement les dispensent de toute forme d'observation. A noter qu'en sortant, ils ne voient rien non plus
- Ceux qui s'arrêtent brusquement devant la vitrine: dubitatifs, ils ne savent pas quoi en penser. Est ce que c'est drôle, idiot, inutile ou dommage. Ils repartent songeur. Il y a fort à parier qu'ils auront des problêmes de sommeil devant cette question existentielle.
- Ceux qui rient: bien souvent en vacances, la promenade urbaine les incite à regarder Angers sous un autre angle. La vitrine les interpelle et ils rentrent tout sourire. Ils félicitent les libraires et certains vont même jusqu'à se faire prendre en photo dans les bras du père Noël.
- Ceux qui sont offusqués: rares mais existant ces chalants sont touchés, voire blessés par cette démarche littéralement iconoclaste. La perte des valeurs traditionnelles est leur cheval de bataille. Ils sont servis et je respecte parfaitement leur point de vue.
- Les enfants: tous remarquent la décoration. Ils sont étonnés et heureux de voir le père noël sous le soleil d'Août et ils posent inlassablement la même question: pourquoi?

Et pourqoui pas?
par librairie contact publié dans : Vitrines
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Jeudi 2 août 2007
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